Éditorial Vignovin - Novembre 2019

 

L’automne 2019 et l’année 2020 resteront dans les annales de la profession tant sur le plan des changements climatiques que sur celui de la rigidification des échanges internationaux. Ces deux effets combinés compliquent le fonctionnement de la filière vin alors le consommateur est prêt à payer toujours un peu plus cher ses produits.

En France, le gel localisé de printemps, la coulure, le millerandage, puis la canicule de juin suivie de la sécheresse estivale concourent à la diminution de la production. La récolte viticole avoisine 42,2 millions d'hectolitres en 2019, soit un niveau inférieur de 14 % à celui de 2018 et de 7 % à celui de la moyenne des cinq dernières années.

 

Baisse de la production

En Champagne, l’échaudage, conséquence de la canicule, a touché 10 % des surfaces du vignoble, ce qui a conduit à un fort millerandage. La Bourgogne a terminé l’année par une sécheresse estivale qui a réduit la production. Une année qui a mal commencé par le gel dans le Mâconnais, la grêle dans le Chalonnais, la coulure et le millerandage dans plusieurs parcelles de Saône-et-Loire. Dans le Beaujolais voisin, la récolte fut particulièrement affectée par le millerandage puis la grêle et l’échaudage. L’Alsace n’a pas échappé à la coulure et la sécheresse. Le Jura a été très touché par le gel. En Val de Loire, comme dans les Charentes, le gel printanier puis la coulure, le millerandage, l’échaudage et la sécheresse ont entamé le potentiel de production. Dans le Bordelais et le Sud-Ouest, la sécheresse a réduit les rendements. Le Languedoc et la Provence ont connu, lors de la canicule de juin, des phénomènes de brûlures détruisant le feuillage protecteur des raisins provoquant leur assèchement. La sécheresse impacte lourdement à la baisse la production en Ardèche. La Corse n’échappe pas à la sécheresse et millerandage. Maigre consolation : la production aura baissé partout dans le monde. L'OIV estime à 263 Mhl la production mondiale de vin en 2019, soit un recul de 10 % par rapport à l'année dernière, mais proche du niveau moyen de la période 2007-2016 (à l’exception de 2013).

 

Inquiétudes sur les marchés

Sur le plan de la politique internationale, en rétorsion contre les aides attribuées par les Européens à Airbus, Washington a décidé subitement de taxer de 25 % l’importation de tous les vins conditionnés de moins de deux litres et de moins de 14 degrés. Le négoce s’organise dans l’urgence et évoque concentrer ses exportations de vins de milieu de gamme au-dessus de 14 degrés. Michel Chapoutier, président d’Inter-Rhône, préconise la création d’un « un centre de mise en bouteille aux États-Unis pour échapper aux taxes ». Le phénomène ne devrait pas affecter les grands crus où le facteur prix reste moins sensible dans l’acte d’achat. A cela s’ajoutent les incertitudes du Brexit légèrement levées par un énième report de sa date effective et des informations sur sa mise en œuvre qui s’annonce progressive sur le plan douanier.

 

Croissance export

Quant aux exportations, au premier semestre 2019, par rapport à la même période de 2018, les vins français tranquilles ont reculé de 2,2 % en volume, à 5,03 Mhl. Bordeaux (- de 59 000 hl, -6,5 %), les Côtes-du-Rhône (-22 000 hl, soit -6,2 %) ou le Provence (-11 500 hl, soit -3,8 %). À l’inverse, les exportations de vins de Bourgogne progressent de 13 000 hl (+ 4,8 %), celles du Val de Loire de 10 500 hl (+ 5,8 %) et celles du Beaujolais de 7 000 hl (+10,6 %). Sur l’année, les États-Unis, consomment toujours plus de vin français avec une progression de 4 %, à près de 850 000 hl contre 817 000 hl en 2018, 635 000 hl en 2016. À l’inverse, la Chine, qui était la première destination pour les exportations françaises de vins tranquilles et effervescents, ne cesse de réduire ses achats avec 593 000 hl au premier semestre 2019 contre 937 000 sur la même période de 2016.

 

Meilleure valorisation

En valeur, les exportations de vins français tranquilles progressent de 3,9 % à 2,98 Md€ avec notamment la Bourgogne en croissance de 10 % à 468,9 M€. Languedoc-Roussillon, réussit à se revaloriser ses produits avec un prix moyen de 4,72 €/l au lieu de 4,34 €/l, les vins de Provence de 6,30 €/l à 7,03 €/l. Le Bordeaux croît de 12,08 €/l à 13,24 €/l et conserve sa place de première région exportatrice avec 1,11 milliards à l’export. Dans un contexte de marché difficile, enfin une bonne nouvelle : les organisateurs de la coupe du monde de football au Qatar seraient proches d’un accord qui permettrait de rendre l’alcool plus facilement disponible pendant l’événement pour satisfaire le million de touristes attendus dans le pays et les nombreux paquebots amarrés à quai. Une belle opportunité pour valoriser les produits français.

Emmanuel Brugvin

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