Editorial Vignovin - Octobre 2019

 

Témoignage d’un chef de rayon d’un supermarché vendéen avant les foires aux vins d’automne 2019 : “J’ai réduit mes achats en Bordeaux de 10 %. C’est ce qui représente le plus gros volume de vente, mais c’est ce qui souffre le plus”. Confirmation par les chiffres 2018. La première alerte. “Pendant les foires aux vins d’automne 2018, les ventes de vin tranquille ont enregistré des pertes de 6,5 % en volume et de 4 % en valeur par rapport à la même période 2017”, indique FranceAgriMer dans une note de synthèse sur les ventes en grande distribution. Et ce sont particulièrement les AOC qui ont flanché : - 10,8 % en volume et - 7 % en valeur. En rentrant encore plus dans le détail, un nom revient en tête des statistiques et des échanges sur le sujet : Bordeaux. Les rouges de Gironde, traditionnelles vedettes des foires aux vins, ont été à la peine, avec une baisse de 19 %, selon le site Vitisphere qui reprend les données du panel Iri, chargé d’analyser les ventes sur ce secteur commercial en France.

Cette focalisation sur les foires aux vins de rentrée n’a été que le révélateur d’une conjoncture globale sur l’année 2018 : le rayon vins de la grande distribution souffre. Selon FranceAgriMer, 5,4 millions d’hectolitres de vin tranquille (- 3,8 % vs 2017) ont été commercialisés en hypermarchés pour un chiffre d’affaires correspondant de 2,6 milliards d’€ (- 0,8 % vs 2017). Par ailleurs, 3,6 millions d’hectolitres (- 4,4 % vs 2017) ont été commercialisés en supermarchés pour un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’€ (- 0,3 % vs 2017). Rappelons que la grande distribution représente 75 % des ventes de vins pour la consommation à domicile ; les autres secteurs étant les boutiques de proximité (petites surfaces ou magasins spécialisés), la vente aux domaines, les cavistes et la vente en ligne.

 

foire aux vins gd 2019Crédit Photo : Herry Lawford

 

Et selon les dernières données connues sur 2019, la décrue se poursuit. Sur les huit premiers mois, les ventes de vins tranquilles ont reculé de 5 %, comparées à la même période de l’année précédente. Confirmant la tendance de 2018, ce sont bien les rouges qui ont le plus perdu : - 8 %, avec Bordeaux en recul de 13 % ; les Côtes du Rhône baissent de leur côté de 7 %.

Alors une fois les chiffres posés, s’agit-il d’un cycle ? Le vin rouge ne serait-il plus aux goûts du jour ? Dans ce cas, les autres couleurs en profiteraient. Or, les blancs sur la même période sont en légère baisse (1 %) et les rosés accusent un – 4 %. Même tendance pour les vins à bulles, dont les ventes en grande distribution sont globalement stables, malgré une baisse notable du Champagne.

Tout cela conclut à un constat connu : la consommation diminue en France. Elle a chuté massivement en 30 ans, passant, en moyenne, de 100 litres par an et par habitant à 40 aujourd’hui. Avec cette autre conclusion tout aussi connue : la voie du développement commercial passe par deux issues : l’export, mais aussi l’adaptation des produits à la clientèle française pour tenter de contenir l’érosion.

 

Patrick Touchais

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