Editorial Vignovin - Janvier 2019

 

 

Plusieurs opérateurs du e-commerce se lancent dans des formules de livraison de vin à domicile en un temps record pour satisfaire le consommateur. Certains restent convaincus que la bataille de la vente en ligne s’effectuera dès que le verrou du « dernier kilomètre » les séparant du domicile du particulier sera résolu. Les initiatives se multiplient en 2019.

 

La prochaine bataille de la vente du vin se gagnera sur le fameux « dernier kilomètre », cet ultime obstacle à franchir pour les acteurs du e-commerce soucieux de satisfaire des clients toujours plus exigeants. Internet permet au consommateur de commander presque tout ce qu’il veut d’une application mobile. Son souhait, non encore exaucé, est de recevoir ses bouteilles au plus vite pour pouvoir les déguster. Or, si le e-commerce a trouvé ses logisticiens pour livrer presque partout dans le monde, une telle rapidité n’est pas encore possible. La raison : ce « dernier kilomètre » coûte près d’un tiers des frais logistiques d’après les calculs de la Fédération française du e-commerce (Fevad).

dernier kilometre distribution produit vin

 

Cdiscount très actif

Malgré le coût, la demande sociétale est telle que les initiatives se multiplient. Dans le courant du premier semestre 2019, Cdiscount satisfera sur Paris dans l’après-midi les commandes de ses clients passées avant midi. Un livreur sonnera à leur porte ou déposera leur colis dans un point relais. Cdiscount les attend, dans un premier temps, au 4 de la rue Franklin Roosevelt, dans le 8eme arrondissement de Paris. Le groupe y teste, depuis octobre dernier, un nouveau concept de magasin connecté. Cdiscount fera partir les commandes de son entrepôt de Blanquefort en Gironde. Son prestataire de service Dartess confiera les colis à Chronopost qui les mettra dans le TGV.  Une fois récupérés à Paris-Montparnasse par Goépost, filiale de la Poste, les cartons arriveront au destinataire. Les clients auront souscrit un abonnement annuel de 29 € par an pour bénéficier de ce service.  

 

Initiative européenne

Sur Bologne, en Italie, le logisticien Interporto Bologna a lancé une solution de e-commerce en circuit court de produits alimentaires locaux livrés aux ménages. Le test, repris aujourd’hui en Emilie-Romagne par sa spin-off IB Innovation, a plutôt bien fonctionné avec le vin et bénéficie d’un programme d’essaimage européen baptisé Camarg doté de 2 M€ par Bruxelles. Le CRITT IAA Paca, centre régional de transfert de technologies des industries agroalimentaires, teste la formule pour l’Hexagone sur Marseille. Les consommateurs basés dans le quartier d’affaires de la Joliette  peuvent passer commande de produits sur Internet. Différents prestataires installés sur le Marché d’intérêt national des Arnavaux s’engagent à livrer les produits avant la fermeture des bureaux. En cas de succès, la formule pourrait être dupliquée dans l’Hexagone et d’autres régions méditerranéennes d’Europe.

 

Multiplication des initiatives

D’autres distributeurs prennent le taureau par les cornes sur la région parisienne. La capitale présente deux avantages : une consommation de vin plus importante par habitants et une plus forte concentration de population qu’ailleurs. En avril dernier, Dartess inaugurait sa propre plate-forme à Orly. La filiale du groupe Tesson veut ainsi maitriser sa logistique et s’affranchir des intermédiaires avec ses véhicules climatisés.

 

Réplique des distributeurs

Franprix teste une formule de casiers fermées par des serrures connectées que le client peut déverrouiller grâce à un code pour récupérer sa commande prépayée en ligne.  La SNCF a tenté une expérience similaire dans les gares parisiennes. En avance sur son temps, cette formule abandonnée depuis n’est que partie remise. Certains fourbissent leurs armes pour proposer des solutions de livraison dans les 15 000 points relais de France. Des casiers à serrures connectées devraient bientôt y voir le  jour.

 

Drive piéton

Carrefour City a lancé le drive piéton au 41 bis boulevard des Batignolles à Paris. Leclerc en compte trois à Lille et Aurillac. Carrefour en compte 15 à Paris, Lyon et Saint-Etienne, Cora 2. Auchan a ouvert la voie dès 2014 à Paris dès avril 2014  et compte investir les Hauts de France. Intermarché vise Paris près du jardin du Luxembourg.

 

Course de vitesse

Sur Paris, Lavinia.fr honore la commande de ses clients en 90 minutes passée avant 16 heures 30 pourvu que le produit soit en stock. Coût : 20 € pour la première bouteille, 1 € pour les suivantes. Le groupe, qui dispose d’un dépôt central dans l’Aube, s’est associé à Amazon qui livre ses clients « premium » (49 €/an). Les coûts de personnalisation des cartons suivant les commandes restent énormes auxquels s’ajoutent ceux d’une assurance contre la casse qui couvre la valeur des bouteilles.

Aujourd’hui, les initiatives se multiplient avec un modèle économique en gestation encore fragile. Le client ne bénéficie pas encore d’un service où le livreur frappe à sa porte dès qu’il passe commande sur son smartphone. Mais on s’en approche.

 

Emmanuel Brugvin

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