De nombreux médias ont récemment annoncé des chiffres exceptionnels pour les vins de Champagne sur les 7 premiers mois de l’année. Ainsi, à fin juillet, les ventes s’élevaient à 141,7 M de cols. Si cela représente effectivement une très forte hausse à +44%, il faut rappeler qu’elle est comparée à 2020, année de crise. La référence à une année « normale », à savoir 2019, donne une meilleure mesure de l’évolution malgré tout très positive avec une progression des volumes de +2,7% à 137,9 M de cols.

Pour mémoire, la chute des ventes en 2020 était importante atteignant 245 M de cols en recul de 17,7%. La réouverture des frontières et des lieux de consommation ajoutée au désir très largement répandu de reprendre une vie sociale « normale » ont joué un rôle d’appel d’air pour 2021, année de reprise.

Au cours des premiers mois de l’année, la demande a été forte : sur le seul mois de juin 2021, la progression des ventes s’élevait ainsi à près de 67%, menant le premier semestre 2021 à 114 M de cols, en hausse de 47% par rapport à la même période de 2020. Avec une progression de +4% par rapport à 2019, le dynamisme de 2021 est donc réel.

Afin de prévoir les fêtes de fin d’année et d’anticiper les potentielles difficultés d’acheminement, les distributeurs ont refait leurs stocks, particulièrement sur les marchés export où les expéditions ont atteint 84,2 M de cols à fin juillet, contre 68 M de cols en 2020 et 76,6 en 2019. Ce premier semestre 2021 est sans aucun doute l’un des plus élevés de l’histoire commerciale de la Champagne. Il est intéressant également de regarder comment se décompose ces ventes export : de 34 M de cols à fin juillet 2019, elles sont descendues à moins de 21 M en 2020 pour remonter à 26,2 M de cols cette année.

Les volumes que les marchés UE ont perdu ont été récupérés par les marchés plus lointains. Ainsi, les pays tiers sont passés de 42,5 M de cols sur les 7 premiers mois de 2019 à 58 en 2021 soit +36%. Bien sûr, qui dit expéditions ne dit pas forcément commercialisation à cause de l’effet « stockage » mais quand même !

Sur une décennie, il est intéressant de relever quelques données par pays :

- En 2020, le Royaume-Uni a absorbé 21,2 M de cols pour un CA de 338 M€ contre 35,5 en 2010 pour un CA de 455 M€ (et 27 M de cols pour un CA de 431 en 2019)
- aux Etats-Unis, les ventes ont atteint l’an passé 20,8 M de cols pour un CA de 502 M€ contre 17 M de cols et 323,5 M€ en 2010.
- Le Japon, qui se trouve désormais en 3è place des marchés export, a commercialisé 10,8 M de cols pour 271 M€ contre 7,4 M de cols en 2010 (133 M€)
- Juste derrière, les ventes vers l’Allemagne ont totalisé 10,1 M de cols pour 167M€ de CA contre 13 M de cols et 167,7 M€ 10 ans plus tôt !
- Quant à l’Australie, les expéditions ont dépassé 8,5 M de cols en 2020 contre 3,7 M de cols en 2010.

Sur l’ensemble du « monde chinois », qui regroupe Chine, Hong-Kong et Taiwan, les expéditions sont passées de 2,4 M de cols en 2010 pour un CA de 45,8 M€ à 3,5 M de cols pour un CA de 98 M€.

De son côté, le marché français, qui a longtemps été le premier marché du champagne (80 M de cols à fin juillet 2007), frôle quant à lui les 58 M de cols sur la même période de 2021. Certes, il est en hausse de 28% par rapport à 2020 mais reste en dessous de son niveau de 2019 (61,3 M de cols). La consommation n’a pas repris la même vigueur notamment à cause d’une moindre fréquentation des touristes étrangers sur notre territoire.

En ce qui concerne les différentes familles d’opérateurs, sur les 7 premiers mois de l’année, les résultats se présentent ainsi : les Maisons ont expédié 107 M de cols (+49%), les Vignerons 23,2 M de cols (+32,4%) et les Coopératives 11,4 M de cols en 2021 (+25,9%).

Pour 2021, les prévisions de ventes s’établissent autour de 300 M de cols contre 244 l’an passé.

Enfin, les vendanges qui se sont terminées il y a quelques jours se sont déroulées dans des conditions très différentes selon les secteurs géographiques et les cépages. Le gel (qui a causé la perte de 30 % de rendement), la grêle qui s’est abattue sur 500 ha et le mildiou (également 25 à 30% de pertes) n’auront pas épargné la Champagne. A ce stade, une première estimation établit à environ 6500kg/ha, ce qui constitue un volume historiquement faible en Champagne. Toutefois, la qualité était au rendez-vous et les Champenois pourront utiliser leur réserve interprofessionnelle pour compenser ces variations de récolte.  

 

Nathalie Costa

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