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Editorial Vignovin - Septembre 2017

 

vigne beaujolaisLa viticulture française pourrait connaître cette année ses plus faibles volumes depuis 1945 et traverser une période difficile. Le millésime 2017 n’atteindrait que 37,2 millions d’hectolitres soit en retrait de 18 % par rapport au millésime précédent et de 17 % sur la moyenne quinquennale. Certains pourraient se réjouir d’une hausse des cours. Le prix des IGP devraient connaître une croissance de 5 à 15 € l’hectolitre pour revenir à ses niveaux de 2015. Mais il y a fort à parier que cette hausse des cours ne compensera pas les faibles rendements des producteurs.

D’autant plus que l’on voit mal les consommateurs accepter une hausse des prix sur une denrée qui n’est pas de première nécessité. Les reports pourraient s’effectuer sur la bière ou des vins moins chers. Pis, de nombreux négociants disent ne pas vouloir rogner sur leurs marges et évoquent des concessions déjà faites à la production les années précédentes. A cela s’ajoute une de baisse de la consommation mondiale de 2,5 % l’an passé. 

 

La production européenne ne pourra compenser l’absence de volumes français. La chaleur a impacté les rendements en Italie, Espagne et Portugal.  Avec 148 millions d’hectolitres cette année, les volumes produits reculent de 10 % à 12 % sur l’année précédente.  Les stocks français et le VCI ne combleront le déficit de récolte.

 

L’année à connu une suite de phénomènes climatiques. A partir du 20 avril, le gel sévissait sur plusieurs terroirs. Puis, la grêle s’est mise de la partie. Enfin, la chaleur et le manque de pluies dans les régions méditerranéennes ont affecté la maturité de certains raisins. Selon Agreste, le Jura devrait enregistrer un recul de production de 54 % par rapport à l’an dernier, 44 % par rapport à la moyenne quinquennale, suivi du Bordelais (- 51 %, -41 %), des Charentes (- 30 %, - 35 %), de l’Alsace (- 27 %, - 17 %), du Sud-Est (- 14 %, - 8 %). Les autres régions souffrent d’une baisse d’environ 8 %.

 

Déjà, dans les terroirs, les commerciaux en équipements, produits œnologiques et phytosanitaires savent qu’ils devront faire preuve de persuasion. En cave, la faible production impacte déjà à la baisse la demande en produits œnologiques. La contraction des chiffres d’affaires pourrait provoquer un report des investissements surtout à la suite à une période généreuse de la manne européenne. Les producteurs les plus avisés savent que ces périodes s’avèrent propices à l’investissement dans la qualité et la productivité pour prendre opportunément un temps d’avance sur leurs confrères plus frileux.  D’autant plus que les amortissements s’effectuent sur plusieurs années, les bonnes, comme les moins bonnes.

 

Emmanuel Brugvin

 



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