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Editorial Vignovin - Juillet 2018

 

C’est un sujet récurrent. Régulièrement, le cuivre se trouve dans le viseur des autorités – nationales ou européennes – qui souhaitent que les doses autorisées en viticulture notamment, soient abaissées. On est aujourd’hui à 6 kg/an/ha sur cinq ans depuis 2006, contre 8 auparavant. Et depuis cette date, la substance est sur la sellette. En France, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) milite pour 4 kg. En cause : sa toxicité pour la vie des sols, ce que contestent notamment les viticulteurs bio.

 

Depuis le début de l’année 2018, ces derniers sont à nouveau inquiets. Motif de leur crainte : un rapport de l’Efsa (Agence européenne de sécurité alimentaire) dont les conclusions ne sont pas franchement en sa faveur, même si le document n’évoque pas d’interdiction pure et simple. Mais le rapport tombe mal, alors que l’étude de la réhomologation du cuivre est en cours. Son autorisation doit en effet prendre fin en décembre 2019.

 

Rappelons que dans un premier temps, les autorités européennes annonçaient leur volonté de faire diminuer les doses annuelles utilisées en vigne, en passant de 6 kg/an/ha sur cinq ans, à 4 kg/ha sans lissage. Le cuivre pourrait-il être alors totalement proscrit ? L’hypothèse est dans toutes les têtes même si beaucoup de vignerons ne veulent y croire.

On a étudié leurs conclusions scientifiques de ce rapport européen, et on est en profond désaccord, car il mélange le cuivre avec un produit de synthèse”, indique Jacques Carroget, vigneron bio en Val de Loire, qui suit le dossier au sein de la Fédération nationale d’agriculture biologique. “Dans les années faciles, seuls 2 kg peuvent suffire, mais en années de forte pression de mildiou, les 6 kg sont nécessaires, en particulier sur les zones les plus océaniques. Il faut quand même dire qu’on a bien diminué les doses en 30 ans”, poursuit Jacques Carroget.

 

grappes savoie

 

D’ailleurs, dans un récent colloque, l’Inra, après avoir étudié le sujet à la demande de l’Itab (Institut technique de l’agriculture biologique) a convenu, qu’il est bien difficile de se passer du cuivre aujourd’hui que ce soit en vigne, pour la culture de pommes de terre, mais aussi en arboriculture.

Bien décidés à se battre, les bios ont rallié à leur cause toute la filière viticole. “Ce n’est pas qu’un problème pour les bio. Tout le monde en utilise, et en bio, on n’a pas de produit de substitution”, insiste le vigneron nantais.

 

Lors du dernier congrès de la Cnaoc (Confédération nationale des AOC), le président bordelais Bernard Farges a interpellé les pouvoirs publics français en leur demandant de s’engager, car pendant des mois, le ministère de l’Agriculture est resté muet sur le sujet. Les parlementaires, proches de la filière viticole, réunis au sein de l’Anev (Association nationale des élus du vin) se sont en revanche mobilisés sur le sujet pour en faire une priorité, et ont interpellé le ministre à leur tour, qui a fini par faire connaître la position officielle de la France en cette mi-juillet. Devant le Sénat, Stéphane Travert a indiqué que “le gouvernement est favorable au renouvellement de l’approbation du cuivre, mais il sera nécessaire de réduire les doses”. Il a évoqué une proposition à 4 kg/ha/an, avec une possibilité de lissage sur plusieurs années, en autorisant un dépassement sur une année, à condition que la quantité maximale ne soit pas dépassée.

 

Aux vues de la période de forte attaque de mildiou que viennent de vivre une bonne partie des vignerons français, la réhomologation du cuivre n’est pas une simple option, elle est une nécessité. Sans doute les autorités françaises l’ont donc bien intégrée.

 

Patrick Touchais

 

 



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